samedi 31 janvier 2015

La porte de février

"Quarante jours après le solstice d'hiver, la Chandeleur est l'équivalent chronologique de l'Imbolc celte, tout en étant porteuse, par ses crèpes rituelles, à la fois du souvenir de la rouelle solaire néolithique, des offrandes alimentaires et des dépots votifs polythéistes, mais elle est aussi par ses chandelles, parente des Lustrations des Anciens. Son dernier avatar étant la christianisation, comme ce fut le cas pour toutes les vieilles célébrations cultuelles et les mythes trop solidement enracinés pour être extirpés......................................................
Via le culte de Mithra et les Lustrations antiques, le culte du soleil pour lui-même et ses rythmes calendaires est un des éléments du vieux fonds mythologique pré-indoeuropéen"......................................................................

On repart dans les rites et coutumes du Calendrier pyrénéen où l'on trouve la mention de visites de grottes dans le Biros, le Haut-Job et le Nistos, en Arbon pour la Chandeleur.
Réservée aux adolescents masculins elle est considérée comme la visite chtonienne où l'ours a encore sa place aux côtés des hadas,( mais où l'on trouve aussi les gravures rupestres de la rouelle solaire du néolithique).
Les siècles passent et les mythes restent; ainsi, pour des régions plus septentrionales de France, c'est dans la St Blaise que certains mythologues voient une continuité du culte de l'ours, pltôt que dans la Chandeleur.

Il y a dans le polyptyque Chandeleur, St Blaise, Sainte Véronique, Sainte Agathe -2,3,4,5 février,  unité, corrélation et identité de fonctions.
Cette plage calendaire de quatre jours est un tout qui porte en lui les mêmes thèmes du changement saisonnier, de la renaissance de la nature, de la purification par l'eau et par le feu.

S'il neige encore le 5 février prochain il me faudra penser à conserver la neige...
En Biros c'est la neige fondue de la St Agathe qui guérit les brûlures mais sur le versant Ouest du col du Portet d'Aspet, c'est celle de la Chandeleur.

Parmi toutes les survivances de ces coutumes, vous me permettrez de me souvenir que lorsque je faisais des crèpes, il fallait avoir une pièce ( de préférence en or) dans la poche, et lancer la première sur le haut du buffet où je devais la laisser jusqu'à l'année suivante. (logique, la première est souvent ratée, on ne perdait rien).
 La crèpe, survivance de la rouelle solaire que l'on trouve souvent dans les gravures rupestres ou le chaudron de Gundestrup, entre autres.

Mais ces cultes ne sont pas que Pyrénéens, ils sont universels.

                                                                           Paris 2011. Photo Isarde
à l'époque j'avais donné ma préférence au Dieu Cerf mais la rouelle solaire est à l'extrème droite. (Lors de cette exposition dédiée aux Celtes, j'avais aussi revu casques et carnyx de Tintignac)
Ce fut une époque, pas si lointaine, où je suis allée jusqu'à Hallstatt, étudier l'âge du Fer et les Celtes; que de l'argentique pour ce voyage.

Sans oublier les rouelles solaires qui figurent sur les piéces d'or Wallones.



 Les Lustrations que j'évoque au début de cet article ont rempacé les Lupercales,
 voir cette étude intéressante:

https://books.google.fr/books?id=LzJBAAAAcAAJ&pg=PA334&lpg=PA334&dq=f%C3%AAte+les+lustrations&source=bl&ots=NlBLnOGmww&sig=nxiaXk1ZlBhbTFsD0QkpVkO1fxk&hl=fr&sa=X&ei=YI_MVNOkKIHjUKHMguAD&ved=0CEkQ6AEwCA#v=onepage&q=f%C3%AAte%20les%20lustrations&f=false

vendredi 30 janvier 2015

Cumul

 C'est vraiment un temps à rester dans ma tanière, neige à gros flocons et qui reste; je me suis équipée pour aller voir la montée de l'Hers déjà marron, bouillonnant mais qui n'a pas encore escaladé la rive, je surveille.



 Il est plus facile de répondre à Nistosien depuis ce nouvel article; se découvrir des ancêtres, à Ercé, c'est passionnant!
Je suis tombée amoureuse de ce pays, il y a bien longtemps, mais vous en donner des récits est différent d'une visite.

 J'avais sous la main un article qu'il va falloir que je retrouve:
"d'Ercé à Manhattan", puisqu'en effet  ces habitants de la vallée du Garbet ont massivement émigré à la suite des "oussatès" vers les Amériques et particulièrement vers Manhattan où ils tiennent plusieurs restaurants réputés.

Il est un épisode célèbre que vous connaissez peut-âtre,.
En 1910 lorsque l'inventaire des biens d'église fut obligatoire, les gens de Cominac qui jouxte Ercé s'opposérent à cette démarche; ils firent venir les "oussatés" qui bien campés devant l'église avec leurs ours suffirent  à mettre les gendarmes en déroute, désarçonnés par leur chevaux terrorisés.
On trouve tojours cette carte postale qui a immortalisé cet épisode..
Je vais momentanément interrompre cet article , il y a des baisses de courant et la panne comme hier soir n'est pas loin.
J'aurai sûrement à vous montrer de belles photos de neige.
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Laquelle pour l'instant s'est arrêtée.

                                                                          Photo Isarde

La bibliothèque numérique de Toulouse,  Rosalis, permet de trouver beaucoup de documents notamment le fond d'Eugène Trutat:

 https://www.google.fr/?gws_rd=ssl#q=eug%C3%A8ne%20trutat

http://www.numerique.bibliotheque.toulouse.fr/cgi-bin/library?e=q-100off-pyrenees--00-2--0----0Homme-10-TE--4-------0-1l--10es-Zz-1---16-about-Costume--00-3-1-00-5-3-01-0utfZz-8-00----&a=q&r=1&results=1&duq=Montagne&ut=0

 Revenons-en à nos oursons.....s'il était facile de pister les tanières,  de capturer un ourson, de le dresser, il en allait autrement des combats  déjà cités par Froissard qui dans ses chroniques descriptives de la vie de Gaston Phoebus raconte celui de Pierre de Béarn son cousin qui  tue l'ours de son épée; plus dramatique fut celui qui opposa Arnaud de Lautrec (narré par Sully en 1557) où l'ours et l'homme enlaçés furent précipités dans les rochers.
Cette technique du corps à corps était d'ailleurs employée par les chasseurs d'ours, en Ariège, elle consistait à se protéger de plusieurs couches de cuir  puis à se laisser étreindre par l'ours dans un corps à corps où il fallait faire preuve de sang-froid et planter son coutelas dans le coeur du fauve.
Même Victor Hugo s'est penché sur ces récits et Bergés dans sa "Desciption des Pyrénées" raconte:
Des bergers qui arrivaient virent alors cette chose étonnante, un homme et un ours couverts de sang, lavant leurs plaies et buvant à quelques pas l'un de l'autre", au même torrent.




 mais la neige a repris .... toutes nos chances pour que le 2 février il ne fasse pas beau !!!




jeudi 29 janvier 2015

Le Dieu ours

La place particulière que tient l'ours dans la mythologie pyrénéenne, remonte à la nuit des temps.
Il était l'animal emblématique des Ossalois dont le nom signifierait "les hommes de l'ours."
Lorsque s'approche la Chandeleur, au 2 février, dans les montagnes, il serait le messager du printemps en sortant de sa tanière.


                                                                              Photo Isarde
Mais attention !  surveillons bien ce qui va se passer:

Se hè solelh eth dia dera Candelera
Eth ors que plora davant era tuta
Eh ivern que s'alonga de quaranta dias
Enta aquera sason sio arreguliera
Eth dia dera Candelera
Que cau que nieve o que hace mashant tents

S'il fait soleil le jour de la Chandeleur
L'ours pleure devant la tanière
L'hiver allonge de quarante jourss
Pour que cette saison soit normale
Le jour de la Chandeleur
Il faut qu'il neige ou qu'il fasse mauvais temps !!!

J'aime  beaucoup cette peinture du grand peintre Canadien Robert Bateman.

Dés le néolithique, les hommes avaient bien remarqué que sa réapparition signalait l'arrivée du printemps, mais qu'en est-il aujourd'hui avec les changements climatiques?
Voilà deux thèmes liés, mais que choisir, ours ou Chandeleur ?
Va pour l'ours, il reste encore quelques jours avant la Chandeleur et ses crèpes.

Je suis d'ailleurs moi-même un peu "ours" puisque c'est l'étymologie de mon deuxième prénom "Ursule" tout simplement parce que je suis née un 21 octobre;
j'ai mis aussi mes pas dans ceux des "Oussatès"; et fut bercée aussi par l'histoire de "la folle du Montcalm" qui avait  vécu avec les ours, dont mon père raffolait.

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Femme_sauvage_du_Vicdessos

 Il y a aussi les histoires des exploits des enfants élevés par des ours ou nès du monstrueux accouplement d'un ours et d'une femme comme celle de Jean-de-l'Ours, du folklore picard que les Basques connaissent aussi.

Nous ne sommes pas, dans les Pyrénées, d'anciens sauvages, on retrouve chez les "Aïnous" du Japon  ces rites pratiqués dans la grotte de Montespan où les sculptures de glaise sans têtes devaient être recouvertes de la tête et de la peau même de l'ours.

                                                                    Robert Bateman

 D'autres auteurs ce sont penchés sur ces anomalies, Olaüs Magnus, Conrad Lycosthénès, et Mérimée s'est probablement inspiré des histoires d'enfants-ours en Lituanie, dans sa nouvelle "Lokis."
Les savants parisiens ce sont aussi beaucoup penchés sur les origines de l'enfant-ours de l'Aveyron.
On parlait de l'ours avec respect:
Marti au pé descaous ou lou courailhat; Martin aux pieds nus ou le vagabond,
comme si le fait de prononcer son nom avait le pouvoir de le faire sortir de sa tanière.
et pour l'ours actuel:
http://www.midi-pyrenees.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_du_Reseau_Ours_Brun_2013_cle74f491.pdf

mercredi 28 janvier 2015

Le char de la lune




Domaine peinture
Dénomination tableau
Auteur/exécutant BLONDEL Merry Joseph
Titre Diane sur son char allant vers Endymion
Période création/exécution 1er quart 19e siècle
Lieu de conservation Fontainebleau ; musée national du château de Fontainebleau
Numéro d'inventaire SN Blondel 5
N° 16


Je ne peux passer sous silence ces légendes des coutumes Pyrénéennes déjà citées par Strabon qui rapporte que les Cantabres et les habitants du Nord de l'Espagne s'adonnaient aux cultes nocturnes et célébraient la pleine lune en dansant toute la nuit devant les portes de leurs demeures.
(C'est bien connu, même au XXI ème siècle on ne dort pas bien les nuits de pleine lune, sans pour autant rentrer en transe et danser devant la porte ...)
 
Aux environs de St Gaudens dans la Ht Garonne, il est, parait-il, une croix (mais y est-elle encore, à voir ?) où, au milieu  de figures astrales une femme assise sur un cheval sellé, une main posée sur la croupe de la bête, l'autre tenant la crinière, galope dans un espace où évoluent  des animaux marins et un animal monstrueux, mi-taureau, mi-poisson.
Vous aurez sans doute remarqué sur la peinture de Goya représentant Hannibal, à ses pieds, un homme à tête de taureau.
On dit aussi qu'Hérodiade, en exil, aux côtés d' Hérode Antipas, son mari, dans la cité de Lugdunum Convenarum ( St Bertrand de Comminges)  convoquait ses fidèles à des mystères abominables.  C'est Jean de Salisbury, évêque de Chartres qui évoque ces faits dans son livre"Polycraticus".
C'est probablement à Belisama soeur et parèdre de Belenus, dieu du soleil,  comme Diane est soeur d'Apollon, que ces rites  nocturnes étaient dédiés. Les canons ecclésiastiques de 905 donnent des détails étranges sur ces croyances.

" Certaines femmes perdues croient et professent ouvertement qu'au milieu de la nuit, elles chevauchent certaines bêtes en compagnie de la déesse païenne Diane et avec une horde innombrable de femmes et dans le silence de la nuit profonde, volent au-dessus de vastes contrées sur l'ordre de leur maîtresse, tandis que d'autres nuits, elles s'astreignent à son service"
                                                                         Du Mège, Archéologie pyrénéenne.

 Lorsque je survolais la toile à la recherche de toutes les peintures de Diane et ses cerfs, pour Cerf Passion, j'avais trouvé cette peinture qui illustre mon propos. Frisco sera ravi de voir cette moderne Diane chevaucher un lynx.



Mais il y a pire...... et beaucoup plus récent .
En 1900 en Haute Ariège, dans quelques cantons perdus, Daniel Saurat dans sa "La religion des géants" Denoël 1955, raconte:
"Les jeunes filles se promènent en groupe de huit à dix.
Elles espéraient rencontrer un jeune homme seul.
Les hommes mariés étaient laissés en paix; même les jeunes hommes du village étaient épargnés...Mais si un jeune étranger se rencontrait dans un endroit solitaire, les jeunes filles se précipitaient sur lui et se conduisaient comme les filles du Pacifique....."        Quelle réputation !!
Il évoque aussi dans cet ouvrage les récits de l'explorateut Malinowski.
En Nouvelle_Guinée, les tribus d'amazones violaient l'homme qui s'aventurait sur leur territoire sauf qu'on ne le tuait pas...

mardi 27 janvier 2015

autre page

à Castel-Roussillon, page glorieuse avec le passage d'Hannibal, plus sombre avec la vengeance de Raymond de Roussillon.
Nous sommes ici à l'extrème Est de la chaîne et si Castel-Roussillon a été englobé dans la périphérie de Perpignan, les vestiges de Ruscino sont encore bien visibles. Stabon et Ptolémée en parlent comme de Rouskinon, Avienus le cite comme Roshinus.

http://www.mairie-perpignan.fr/culture/le-site-archeologique-de-ruscino/27-siecles-dhistoire/petite-histoire-des-fouilles

L'arrivée d'Hannibal fait grand bruit et tous les peuples du Roussillon se réunissent à Ruscino pour décider  de l'autorisation de le laisser passer, et ils sont nombreux. Hannibal parvenu à Illiberis (actuel Elne) fait envoyer des présents à l'assemblée.
 Le chef des Volques se rend auprès de lui pour négocier ce passage et signer un pacte d'alliance où les femmes auront leur mot à dire.
Non seulement Hannibal va pouvoir passer mais aussi lever des troupes autochtones et les femmes, si elles sont victimes de délits contre elles, auront toute latitude de punir les Carthaginois à leur convenance.

Hannibal vainqueur contemplant Rome, splendide tableau de Francisco Goya

Francisco de Goya - http://artepedrodacruz.files.wordpress.com/2010/05/anibal-vencedor-que-por-primera-vez-miro-italia-desde-los-alpes-1771-oleo.jpg

 (Le tableau de Turner, est à mon sens moins représentatif de cette épopée guerrière.)
La traversée des Pyrénées si près du littoral n'a donc pas posé de problèmes à Hannibal; ce fut autre chose dans les Alpes !!!  et des vestiges de Ruscino il ne reste que la légende des amours de la belle Saurimonde avec Guilhem
de Cabestany. (Cabestany évoquant pour nous dans le Sud-Ouest le maître incontestable de la sculpture). 
Mais elle était l'épouse de Raymond de Castel-Roussillon, il l'enferme dans la tour du château et se débarrasse de son amant en l'attirant dans un bois où il le tue et  lui arrache le coeur.( Il semble que ce soit la coutume pour les vengeances, dans les Pyrénées !!!) qu'il fait servir sans qu'elle le sache à Saurimonde. Après lui avoir demandé si elle avait apprécié ce met il tire la tête sanglante de Guilhem de son carnier et lui précise que c'est son coeur qu'elle a dégusté.
Très calmement, Saurimonde lui rétorque qu'elle ne mangera plus désormais autre chose, ne voulant pas perdre le goût, dans sa bouche, du coeur de son amant, puis elle se précipite du haut de la tour. On raconte que le mari jaloux et criminel fut enterré vivant sous les corps de ses victimes devant la porte de l'église de St Jean de Perpignan, sur ordre du roi de Barcelone.

 http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/crai_0065-0536_1910_num_54_6_72684

 Tour de Castel Roussillon


http://commons.wikimedia.org/wiki/File:ChateauRoussillon_Tour.jpg

lundi 26 janvier 2015

Les Miquelets

 Je profite de l'ouverture  de mon disque dur externe (ouvert pour d'autres raisons) pour vous raconter d'autres aventures.... vécues.

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Miquelet

 Le miquelet restera le symbole d'un homme intraitable, ne connaissant que la loi du couteau. En 1816, les royalistes de la Terreur blanche du Midi prendront leur nom. Mais il ne faudra pas les confondre avec les "trabucayres", de purs brigands nés des troubles qui ont suivi les guerres napoléoniennes.

 Les trop fameux brigands qu'on appelait "bandouliers" franchissaient les cols les plus abrupts, fondaient sur les villages qu'ils pillaient dans les vallées d'Ossau de Luz, d'Aure et même Tarascon-sur-Ariège, n'hésitant pas à tuer ceux qui leur résistaient.
Leur mépris de la vie était incroyable, surtout celle des autres
 Le guide du Pélerin de Compostelle écrivait:
 " Pour un sou, le Navarrais tue un Français s'il le peut"

C'est sans doute pour nous montrer que cette époque est bien révolue que nous avons eu à faire avec deux Navarrais.

 
                                                             photos Isarde

Un peu...beaucoup.. perdus dans les Bardenas Reales (qui sont les vastes espaces où paissent en hiver les troupeaux descendus de la Pierre St Martin et autres pâturages), nous hésitions cartes en main à nous lancer sur des pistes brûlantes de soleil pour rejoindre le sanctuaire de Nuestra Senora de Yugo,



 quand survient un énorme camion d'où descend de sa cabine haut perchée, un Navarrais, très typé, visiblement disposé à nous venir en aide.
Je lui parlais en Castillan, il me répondait en Navarrais. Il lui semblait qu'il nous serait difficile de retrouver notre chemin même avec ses explications, et nous propose alors de les suivre; le camion soulevait des nuages de poussière et nous devions en rester à une certaine distance sans toutefois le perdre de vue.... mais cela n'en finissait pas et  nous finissions par nous demander s'il ne nous menait pas dans quelque guet-apens.
 Le moteur chauffait et nous aussi,  j'avais pris des repères au cas où ...
 Enfin ils s'arrètent, ils descendent et me disent en me montrant une route qui devait nous amener à bon port, en se frappant la poitrine,.. je ne l'oublierai jamais.
"Nosotros, Navarrrrra !"  Navarrrra ! "     ( nous ! de Navarre! )
 Ils précisent alors qu'ils se sont détournés pour nous accompagner. Ce sont des rencontres que l'on n'oublie pas.


dimanche 25 janvier 2015

Un curé contrebandier

Voici un épisode assez cocasse qui m'aménera à vous parler des "miquelets". et autres contrebandiers:
L'abbé Haritchabalet né en 1760 à Tardets était encore un de ces colosses Pyrénéens, pour  éviter de devenir un curé réfractaire sous la Terreur, il s'engage dans les bataillons des Pyrénées Occidentales, au  sergent recruteur qui l'interroge sur son identité, il répond si énergiquement "Prêtre" que celui-ci n'en demanda pas plus. 
L'histoire ne dit pas comment il en est venu à la contrebande et faisant fi des dousaniers, leur demanda, un jour, de s'agenouiller pour laisser passer un cercueil rempli de marchandises de contrebande.
 C'est ce  désir de gagner sa liberté au prix du danger qui a créé le statut de contrebandier.

  
                                                                Edouard Pingret 1788-1875
Les épisodes de cette histoire des Pyrénées  sont souvent sanglants et la loi du couteau prédomine. J'ai souvent des scrupules à les retranscrire.

 http://www.musees-midi-pyrenees.fr/musees/musee-paul-dupuy/collections/arts-graphiquesestampesphotographie-la-collection-pyreneenne/alfred-dartiguenave/contrebandiers-aragonais/

Il en est une rapportée par Raymond Escholier dans "Mes Pyrénées"

"Un certain contrebandier, natif, je crois, de Soldeu, tombé dans une embuscade, avait été tué par un grand diable de douanier, d'une balle en plein front....
Quelques semaines plus tard, le douanier disparaissait à son tour...
On eut de la peine à retrouver sa dépouille.
Le malheureux gisait, la poitrine ouverte, au fond d'un précipice. Quand on put enfin au prix de grands efforts, le remonter, on s'aperçut, non sans horreur, que le coeur avait disparu.
L'enquête se heurta alors au silence le plus absolu.
Rien ne pouvait le faire rompre, quand un jour, à propos d'une affaire mineure, un inculpé qui en savait long mangea le morceau...
On apprit alors ceci "Surpris, assailli par les compagnons de sa victime, le douanier n'avait pas tardé à succomber et c'est à ce moment que par un raffinement de sauvagerie, ses meurtriers lui avaient ouvert la poitrine et arraché le coeur.
Ce coeur, les contrebandiers le firent rôtir au feu de bruyère, se le partagèrent et le croquèrent à belle dent.....
J'ai connu l'un des acteurs de cette scène sinistre, dit l'auteur. Fortement soupçonné d'avoir pris part à cette ténébreuse affaire, arrêté, incarcéré à la prison de Foix avec plusieurs de ses camarades, on ne put jamais obtenir contre lui, pas plus que les siens complices, le moindre semblant de preuve.
On dût le relâcher, ainsi que les autres andorrans.
Il était fort connu à Mirepoix, louant ses bras robustes pour les foins et pour la moisson; d'humeur paisible au demeurant, et, somme toute, un fort brave homme."

Que nous serait-il arrivé si, un jour, avec mon mari, n'ayant pas trouvé de place à l'hotel, en Andorre, nous avions traversé en ski, un col, pour aller dormir dans un petit refuge; serrés l'un contre l'autre sur un bas-flanc en planche, tout habillés, et réveillés en pleine nuit par un grand vacarme, mon mari me dit "Ne bouges surtout pas ce sont des contrebandiers"!!

suite

J'ai lu plusieurs versions de l'histoire d'Andere Santa Gracia mais celle-ci me parait la plus véridique.
La collégiale de St Engrace à flanc de montagne, au plus profond de la vallée de la Haute Soule  est restée  longtemps isolée et Prosper Mérimée la classe parmi les monuments historiques les plus importants..
Mon intérêt pour les tombes discoïdales  fut satisfait ce jour-là, en effet l'ancien cloître a été transformé en cimetiére où on les trouve nombreuses.

                                                                         Photos Isarde

Engrâce a subi le martyr pour sa foi chrétienne en 300, au temps de la persécution sous Maximin et Dioclétien, et je ne vous décrirai pas les horreurs que le gouverneur de Saragosse, Dacien a exercé sur elle.


                                 Sainte Engrâce. Peinture de Bartolomé Berjo  vers 1474,
                                                    Isabelle Stewart Gardner Museum Boston

Ses reliques sont vénérées à Saragosse mais ausi à St Engrace. Mais par quel miracle à St Engrace aussi ? 
C'est le cas de le dire!!!
Attirés par la splendeur de ses reliques, couvertes de pierres précieuses, des voleurs s'emparent d'un de ses bras et pensent trouver refuge dans les montagnes, où ils se perdent et abandonnent momentanément leur butin qu'ils cachent.
Beaucoup plus tard des bergers qui gardaient leurs troupeaux dans le vallon d'Uhaïtza furent intrigués par le comportement d'une génisse qui allait s'agenouiller auprès d'un chataigner, ses cornes en étant toutes illuminées.
Ils découvrent alors la relique, en informent l'évêque d'Oloron et les trois souverains communs à cette vallée les rois de Navarre d'Aragon et de France décident de la construction d'un édifice pour la conserver.
 Mais ce bras allait connaître d'autres péripéties, j'ai évoqué très récemment les guerres de religion, Jeanne d'Albret, la fille de Marguerite de Navarre confisque les biens de l'église catholique; au cours de ces combats, le desservant de la collégiale de St Engrace, calviniste non déclaré, livre le bras précieux au Capitaine Senecas qui se l'approprie comme butin de guerre, en 1568.
Au XVIIè siècle les gardiens des reliques de Saragosse offrent à la collégiale l'annulaire de la main droite, en compensation.
Une grande procession de douze heures porte la relique jusqu'au col de Lehartzu
le passage de cette relique devant apporter la prospérité sur les terres traversées, les propriétaires tenaient à porter la relique eux-même.
Une grille sépare le cheur du reste de l'édifice, mais je me suis longtemps attardée sur les nombreux chapiteaux, célébres pour leur érotisme sacré, dont un, figurant un éléphant harnaché d'une tour assistant, hilare, aux ébats d'un couple nu. 

L'art Roman n'a abordé le thème des amours profanes que sous des formes discrètes.La nudité romane ayant toujours une intention morale.
A St Engrace c'est une énigme archéologique.

Ce sont les deux seules photos que j'ai conservé avec celle d'une Vierge .


Optat, Luperque, Successus, Martial, Urbain, Julie, Quintilien, Publius, Fronto, Félix, Cécilien, Evence, Primitif, Apodème et quatre du nom de Saturnin, sont tous des martyrs exécutés à Saragosse en 304, ainsi que Caïus, Crémence et Engrace.
Leur supplice a été décrit par Prudence, le grand poète chrétien espagnol du IVe siècle, auteur du Livre des Couronnes à la gloire des martyrs, évoquant les martyrs espagnols de Saragosse et de Calahorra.

 http://www.unige.ch/cyberdocuments/theses1997/FuxP-Y/these_front.html

samedi 24 janvier 2015

Le bras volé

Je vais avoir beaucoup à vous conter sur Sainte-Engrace où je me trouvais une autre  fois, en 2009.
La famille avait entrepris la traversée des Pyrénées d'Ouest en Est, ma mission étant de les déposer au départ d'une étape et de les récupérer à l'arrivée de  celle-ci. (20 km environ) Libre à moi de disposer de cette position pour diverses découvertes.
Ou bien raviver mes souvenirs  d'autres "expéditions", plus anciennes, dont le Rallye des Cimes.
Bref, région splendide où règnent les merveilles dont je vous ai déjà parlé et que Martel considérait comme les plus fantastiques des Pyrénées (revoir l'article sur la Pierre St Martin), à savoir, les gorges de Kakoueta, la crevasse d'Holçarté, les gorges d'Ujuaré.

                                                                         Photos Isarde

 François Duhoureau nous en donne dans son livre "Béarn, Pays Basque et Côte d'Argent" en 1943, une description très poétique:

   "Il y fait vert comme une émeraude en demi-teinte, froid comme dans un sépulcre.
Aux parois démesurées, des fougères géantes, des mousses hypertrophiées se souviennent des temps quaternaires..
Dans ce décor vertigineux pour légende nordique, on retrouve à chaque pas l'angoisse des premiers hommes, pénétrant les entrailles froides de la montagne.
C'est le domaine de l'horreur sacrée, qu'emplit le bruissement inouï des eaux souterraines et sans âge".

Ce pays est dangereux et l'homme qui attend son ennemi peut lui régler son compte sans laisser de traces. Un autre auteur plus ancien, Oyhenart dans "Noticia utriusque Vasciniae," en 1638 raconte que les gens de Roncal et d'Isaba avaient capturé le "hegoa" vent du Sud, puis enfermé dans une outre géante pour priver la vallée ennemie de ses souffles tièdes et  laisser ainsi se geler les gens de la Soule.  Mais, grâce au ciel, l'aubergiste d'Erroizu, compatissant, perça l'outre d'un coup de couteau.

 Ce même Oyhenart raconte l'histoire de l'oiseau d'Orhy.
Ce pic d'Orhy passait pour un rendez-vous de sabbat,( nous n'avons pas encore abordé cette facette des légendes pyrénéennes, qui me paraissent extravagantes)

    "Jadis, au temps où les oiseaux parlaient, un oiseau en hyver estant tout gelé de froid aborda un nid .Et l'ayant trouvé occupé par un autre oiseau, désireux de l'en faire sortir, il luy voulut persuader que "le soleil estoit bien chaud en la montagne d'Orhy".
Mais l'autre connaissant le fourbe luy répartit qu'il ne faisoit que d'en venir et qu'il savoit bien quel temps il y faisoit";  d'où le dicton:
"l'oiseau d'Orhy reste à Orhy"


suite, demain....



vendredi 23 janvier 2015

Ce qu'a fait le Mariole

Nous voilà partis pour les guerres Napoléoniennes et pourquoi? on ne quitte pourtant pas les Pyrénées puisque ce Mariole, "qui a fait le mariole" selon l'expression consacrée, est originaire de Campan.

http://www.grand-tourmalet.com/fr/il4-station_p57-la-vallee-de-campan.aspx

Voilà l'histoire de" l'Indomptable" un soldat de l'an II, immortalisé sur le tableau de David, Gaye-Mariole est reconnaissable au tablier de cuir des sapeurs et à sa longue barbe brune. (dernier à droite).

                       La Distributions des Aigles, au Champ de Mars.                                                         Jacques-Louis David

La Distribution est une reprise des coutumes des légions impériales romaines. L’Empereur remet ici le nouveau drapeau qui porte le symbole de l’empire aux chefs de la légion. Cette remise des drapeaux est accompagnée d’un serment de fidélité des chefs à l’Empereur.

 Je préfère dorénavant lire l'article et en faire la synthèse.

Il est donc né dans le hameau de la Séoube le  27 décembre1767.
Grand Pyrénéen de 2mètres 10, il est nommé tambour-major  du 2éme bataillon des Hautes Pyrénées où il s'était enrôlé en 1792. Brave combattant de la guerre sur les frontières d'Espagne puis en Italie, le 26 nivôse,(mes lecteurs à l'étranger se demanderont sans doute ce qu'est nivôse, c'est le calendrier républicain qui n'est plus en cours)

 .wikipedia.org/wiki/Calendrier_républicain

... le 26 nivôse, au combat d'Anguiarion, un coup de feu lui traverse les deux cuisses,  mais au grand étonnement de ses chirurgiens, il en réchappe et son général lui offre, en récompense de sa bravoure, la carabine que l'on peut  voir sur son épaule, sur le tableau de David.
Admis en 1800 dans le corps d'élite des grenadiers de la Garde Impériale, il reçoit le 15 pluviôse, an XIII, de la propre main de Napoléon, la légion d'honneur, qui lui dit:
"Voici pour l'Indomptable".
Au traité de Tilsitt, Mariole montait la garde sur le radeau au milieu du Niemen où les empereurs devaient se rencontrer. A quelques pas de lui se trouvait une pièce de 4 le plus petit des canons de campagne, l'Empereur s'approche, le reconnait, Mariole présente les armes, mais avec le tube du canon, après avoir posé sa carabine.
" Ah! je sais ton nom, et en lui tirant l'oreille, tu t'appelles l'Indomptable ! Et que vas-tu faire pour saluer "l'autre" tout à l'heure?
"Sire, je vais reprendre ma carabine. C'est assez bon pour lui."
L'Empereur content du geste lui fait remettre deux mois de solde.
C'est depuis que dans la Grande Armée "faire le Mariole" voulait dire "faire le pitre".
En ce qui concerne le tablier de sapeur:
"Dès le début du XVIIIè, des petites unités de pionniers, les « porte-haches » dans les compagnies de grenadiers, voient le jour au sein des régiments de l'armée française. Leur mission est alors de monter à l'assaut en tête des autres unités afin de détruire les éventuels obstacles dressés par l'ennemi.
Après une présence plutôt aléatoire sous la Révolution, les pionniers réapparaissent sous le Consulat, coiffés des bonnets à poils des grenadiers mais sans la plaque métallique.
Ces unités sont dissoutes en 1818, puis recréées en 1822.
La Légion étrangère a repris, dès 1831, cette tradition qu'elle perpétue encore de nos jours."


Faim et froid

Le ciel est sombre
Ils gonflent tous leurs plumes
Pour  parer au froid.



                                                  Allées et venues
Sous des flocons parsemés
Hier il faisait beau.


Et ce petit là
Paraissait bien malheureux
Seul, abandonné.
                                                  La concurrence
                                            Entre tous se fait rude
                                               Les gros, les petits...

Il en est un, que je n'ai pas identifié, comme un rouge gorge, mais plus gros, un long bec fin,  le jabot rouge orangé, de plus longues pattes,  peut-être un pinson?..
 Il dérapait sur le rebord mauve glacé du récipient contenant les graines de tournesol, j'en étais très proche, il ne me voyait pas... j'ai beaucoup ri !!! derrière la fenêtre embuée.
Le soleil a percé, pour l'instant, pas de petit nouveau.



jeudi 22 janvier 2015

En lettres de feu et de sang

Tout d'abord merci à Nistosien d'avoir relevé le défi: les deux premières photos sont des couchants, les deux suivantes plus rouges des levants.

Fin de la Grande odyssée:     http://www.grandeodyssee.com/fr/index.html

Ouverture du livre au hasard comme d'habitude, où il est question d'Audou qui n'est autre que Jean-Claude de Lévis, qui, en bon représentant des Huguenots et l'on peut dire 'bras droit" du futur Henry IV, mit la région à feu et à sang contre les catholiques.
J'avais, en son château, présenté une conférence à son sujet, laquelle m'avait demandé plusieurs mois de travail, à mon grand bonheur.



 En y jetant un coup d'oeil, je m'aperçois que j'avais donné une grande place à la montée du protestantisme.
 Un petit extrait va m'amener à vous parler de Sarrance.



En France



Marguerite d'Angoulème

1492-1549

soeur de François Ier, celle qui va devenir Reine de Navarre par son mariage avec Henri II de Navarre, est une fine lettrée, elle est petite nièce de ce grand poète, Charles d'Orléans. Clément Marot disait d'elle « Corps féminin, coeur d'homme et tête d'ange ».

Elle écrit l'Heptaméron, sue le modèle du Décameron.

Elle est suspectée d'hérésie en 1522 avec ses « Commentaires sur les 4 évangiles de Lefévre d'Etaples. En 1523 la Sorbonne (qui jouera aussi un grand rôle pendant les guerres de religion) s'attaque au Cénacle mais le Conseil du Roi permettra aux réformistes d'échapper aux poursuites.

Sur le site ci-joint tout est dit et bien dit, .... et je n'en dirai pas plus ..

http://vppyr.free.fr/pages_transversales/voies_aspe/aspe_pat02_sarrance.php

 On parle de poètes ah! bien! voilà Salluste du Bartas

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/guillaume_de_salluste_du_bartas/a_la_france.html

Je le nomme en fin de ma conférence: Parlant d'Agrippa d'Aubigné:
Je doute qu'il ait goûté les vers de Ronsard, catholique, mais ceux de Guillaume Salluste du Bartas qui a chanté notre belle fontaine de Fontestorbes mais aussi Henry de Navarre assimilé à nos belles montagnes.
Gentilhomme ordinaire d'Henry de Navarre, apôtre de sa foi calviniste, soldat comme Agrippa d'Aubigné, il mourut en soldat  des suites de ses blessures.



Deuxième sonnet des 9 muses des Pyrénées.

Coupeaux(cimes) toujours chenus, miracles qui touchez

les astres de vos fronts, l'enfer de vos racines

Espouvantaux du ciel, Rochers, qui, dans vos mines,

Les forcenez désirs de l'Avare cachez;

Tressaillez de plaisir, vos pointes élochez(ébranlés)

Faites jaillir partout des sources argentines,

Ouvrez vos flancs pierreux, découvrez vos poitrines.

A vos plus chers métaux le triste frain laschez

Invincibles remparts de l'Espagne, des Gaules,

Ainsi que vous voyez blanchir sur vos espaules

Les montagnes qui font plus hautain l'univers:

O sommets escarpez, ainsi ce Roy qui monte

Sur vos dos et de neige et de sapins couverts

Par ses belles vertus tout autre Roy surmonte


mercredi 21 janvier 2015

L'Irrintzina

 et au couchant ? de l'autre côté de la chaîne, au Pays Basque ? 

d'autres traditions, d'autres danses, le fandango et ce cri venu du fond de l'abîme des âges, l'irrintzina.
Pierre Loti, dans Ramuntcho le fait lancer par un contrebandier après le passage de la frontière.
"Un cri s'élève, suraigu, terrifiant; il remplit le vide et s'en va déchirer les lointains...
Il est parti de ces notes très hautes qui n'appartiennent d'ordinaire qu'aux femmes, mais avec quelque chose de rauque et de puissant qui indique plutôt le mâle sauvage.
Il a le mordant de la voix des chacals et il garde quand même quelque chose d'humain qui fait davantage frémir; on attend avec une sorte d'angoisse qu'il finisse et il est long, long; il opresse par son inexplicable longueur...
Il avait commencvé comme un haut bramement d'agonie et voici qu'il s'achève et s'éteint en une sorte de rire, sinistrement burlesque, comme le rire des fous...
Cela ressemble au cri d'appel de certaines tribus Peaux_Rouges dans les forêts des Amériques; la nuit cela donne la notion et l'insondable effroi des temps primitifs".

 https://www.youtube.com/watch?v=QW6R67oWjjw

Mais on l'entend aussi en pays d'Aspe ou d'Ossau les bergers le lancent pour s'appeler et se répondre. Ils le nomment l'arrenilhet, en Ariège c'est le hilhet.
Quand dans les fêtes de Bayonne de SaintSébastien ou de Pampelune, les tlun-tlun, les tambourins accélèrent leur rythme envoûtant, quand les yeux n'arrivent plus à suivre le magique entrelacs des fandangos et des arin-arin, une primitive frénésie balaie la fausse pudeur de notre culture et le cri jaillit, ancestral et authentique.

                                                                        photo Isarde

http://euskadi.net.free.fr/musiq.htm

La danse venue des cyclades

https://www.youtube.com/watch?v=ukhYNgXJ-nY

Puisque nous parlons du Levant, partons à l'est de la chaîne pour évoquer tout d'abord la Fontaine des neuf jets à Céret.
Neuf jets d'eaux  s'échappent de la gueule de neuf dragons dont les queues s'entrelacent.
 Sur le chapiteau du dessous, un groupe de danseurs esquissent un pas de danse, étrange rappel des frises que les poteries grecques des Cyclades et les vases ibériques de Numance reproduisaient un millénaire avant Jésus-Christ.



 Vous en saurez plus sur cet ouvrage, numérisé à Toronto

http://scans.library.utoronto.ca/pdf/1/29/larevuedelartanc36pariuoft/larevuedelartanc36pariuoft.pdf
ou celui-ci:
 http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/hispa_0007-4640_1913_num_15_4_1835.

Bref... "Jusqu'en 1870 la sardane comprenait une succession de huit mesures de pas courts (curts) et seize mesures de pas longs (llargo).
Elle paraissait calquée sur la division du temps au cours d'un jour d'été, fait de huit heures de nuit pour seize de lumière.
C'est à cette époque qu'un musicien de Figueras, Pep Ventura, libéra la sardane de ce canon rigide, et composa définitivement la cobla, l'orchestre d'accompagnement: le flaviol et son tambour, deux tiples, deux tenores,deux trompeta, deux fiscorn, un tromblon, une contrebasse.

 Je cède la place à la musique!.

http://www.federation-sardaniste.fr/musique.html

http://www.danseurscatalans.fr/historique.html

mardi 20 janvier 2015

Levant ou couchant

                   Levant ou couchant, je vous met au défi de les distinguer

Pour le couchant j'ai précipitamment garé ma voiture...... à droite... sur un petit chemin montant tellement il était somptueux !! je peux brouiller les pistes..
 A l'Ouest rien de nouveau ou à l'Est rien de nouveau?
et que dire de celui-ci?
 Je me régale comme une enfant car, chez moi, je suis privée de l'un comme de l'autre, la montagne me cache le levant et le couchant aussi d'ailleurs, vivement les bords de mer!!

 ou le sommet d'une montagne, aussi..


          un grand classique de Baudelaire:

          Elevation

  Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,
Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.
Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides;
Va te purifier dans l'air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.
Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins;
Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes!

samedi 17 janvier 2015

Auguste et les nymphes

 Encore sur le départ, je vous donne à lire ce texte;  je n'ai plus le temps d'aller chercher les illustrations dans mes dossiers.

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rgpso_0035-3221_1938_num_9_2_1097

 Il faudra que je vous ramène de Mourère Pla (le Pla du Maure) alias "ma petite maison dans la prairie", pour ceux qui suivent ce blog... les photos
 des bigerri vesti  qui dorment dans les tiroirs, de même que celle  de mes sabots que je ne chausse plus que très rarement...
 j'aurais du succès dans les rues de Toulouse !!! toujours est-il que...

Ces bigerri vèstès étaient prisées des raffinés de Rome qui aimaient s'en envelopper pendant les soirées fraiches du Latium.
Un camp militaire romain surveillait la vallée de Campan depuis la colline de Pouzac, où Mars Invictus était vénéré; il assurait la tranquillité de la saison thermale chez les Campani et très probablement celle d'Auguste.
Bagnères atteste de son séjour  par cette stèle mesurant 1m37 qui porte l'inscription: NUMINI, AUGUSTI
                            SACRUM
                  SECUNDUS SEMBEDO
                      NIS.FIL.NOMINE
                VICANORUM. AQUEN
                SIUM. ET. SVO POSUIT.
A la divinité d'Auguste, cet autel a été élevé par Secundus fils de Sembedo en son nom et au nom du Vicus Aquensis .
Temps sacré de la Paix Augustinienne  célébrée par Virgile. Avec l'empereur, les nymphes des sources étaient les divinités les plus révérées en Bigorre.
 Deux autels votifs y ont été retrouvés, si l'un des deux a été perdu, le second se trouve au Musée St Raymond de Toulouse.

               NYMPHIS AUG SACRUM

 Mais d'autres dieux avaient leurs autels votifs: Agheion, qui trônait sur le Bassia et BaÏgorrix, le Dieu des fontaines rouges.



La source, Eve et le serpent

Ours, Maures, Mélusine ou Astarté, Romains ou Ibères?  toujours les mêmes interrogations pour choisir ce qui va vous intéresser, tous, des sujets qui  me sont familiers et que j'ai pu maintes fois approfondir.

" Ax-les-Thermes, toute bruissante d'eaux courantes, est bâtie sur une véritable chaudière naturelle; les sources coulent de tous côtés, tellement chaudes, que les ménagères y font leur vaisselle, voire leur lessive.
"Elles se servent de ces eaux sulfureuses pour faire une cusine spéciale, "la soupe au canon" avec une cuillère d'huile et une gousse d'ail au fond d'une soupière remplie de cette eau. On arrose avec des tranches de pain".
La soupe au canon ressemble à l'aygo boulido de Provence, mais elle suppose un estomac blindé, autrement dit un estomac d'Ariégeois"

                                                photos Isarde 2014
Les premiers hommes qui séjournèrent dans cette vallée semblent bien avoir utilisé cette centrale thermique naturelle; les pilotis découverts sous 3 m d'alluvions par l'archéologue Garrigou, vers 1896 remontent probablement à l'age du bronze.
La source Rossignol jaillit à 78°
Celle du Tech est appellée "l'eau bleue" à cause de son extrordinaire teinte azurée.
 Une autre alimente une antique piscine de pierre, le bassin des ladres, construit vers 1200 sur l'ordre de St Louis, pour guérir les croisés revenus lépreux de leur séjour dans les pays d'Orient.
L'établissement du Couloubret tient son nom de la "couloubre", la couleuvre. Ce frileux reptile, qui autrefois hantait la plupart des sources chaudes des Pyrénées, abondait dans celles d'Ax- les -Thermes. Il se glissait dans les tuyauteries et jusque dans les cabines, d'où jaillissaient dans le plus simple appareil des baigneuses hagardes d'épouvante.
Ce pittoresque passé n'est plus: .
Eve ne rencontre plus son tentateur au bain, on a fait les travaux nécessaires."



Je résume l'histoire de Udaut.

On vénère à Ax une victime d'un roi wisigoth; dans la longue histoire des Pyrénées ou de Toulouse, les wisigoths, dont elle était la capitale, furent les seigneurs de ces contrées.
Udaut au IVème siècle demande le baptème à un saint ermite qu'il rencontre un jour de chasse avec une biche dans les bras; parti d'Italie évangéliser les Huns et les Ostrogoths, il subit le supplice du "Knout". Je suppose qu'il voulut se retirer au plus loin, nous le retrouvons à Ax pendant sept années mais Valamir l'y retrouve aussi, et aux portes d'Ax l'enferme dans un tonneau rempli de clous et le jette du haut d'un monticule.
 Les habitants de Ripoll où le corps du saint avait été transporté en 978 fustigent ceux d'Ax.
 Poble d'Ax, poble foll
Qu'a matat lo sant de Ripoll
(Peuple d'Ax, peuple fou
Qui a tué le saint de Ripoll)

vendredi 16 janvier 2015

Au bord du suicide collectif, suite

 Je n'ai pas le coeur à vous conter dans le détail les atrocités partagées autour des points d'eau pour désaltérer les troupeaux, à la Pierre St Martin; ils me rappellent quelques coutumes du désert...

 http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Anso.jpg#mediaviewer/File:Anso.jpg

..".Une guerre implacable se poursuivit durant des années. Les troupeaux livrés à eux-mémes étaient décimés par les ours; les villages perdaient leurs hommes dans des combats sauvages.
Malgré l'intervention du seigneur de Béarn, Gaston II, et du roi de Navarre Charles II, qui avait convoqué à Anso les évêques d'Oloron, de Bayonne, de Jaca et de Pampelune, les pouparlers échouèrent. La sanglante bataille d'Aguincea amena la mort du chef des Barétounais et leur déroute. Mais au moment où les Roncalais allaient se jeter sur les Français pour une"solution finale", un saint homme, le curé du village d'Aramits, put les arrêter et engager les négociations: il fut écouté sans peine; les deux vallées étaient lasses du sang et de cette lutte, qui les avaient menées au bord du suicide collectif.



Le tribunal des souverains et des évêques se réunit une seconde fois à Anso: et toute l'éloquence des délégués du Barétous n'empêcha pas la sentence de leur être défavorable. Rendue le 13 octobre 1375, elle condamnait la vallée Barétous "à payer et à livrer annuelleent, et à perpétuité, à la vallée de Roncal, trois vaches génisses de l'âge de deux ans, sans tâche, ni macule, laquelle délivrance sera faite, chaque année, le quatrième jour après la fête des Sept- Frères (13 juillet) à la Pierre- Saint -Martin."
En 1389 et en 1856, cette sentence fut reprise pour régler ce qui avait été à l'origine du conflit, cette affaire"d'herbes et eaux" (yerbas y aguas).
A partir du 10 juillet et pendant une période de 28 jours, les bergers du Barétous pouvaient faire pacager leurs troupeaux sur certains pâturages du territoire espagnol et abreuver leurs bêtes aux fontaines qui s'y trouvent.
Cette cérémonie ne fut interrompue que deux fois au cours des siècles: en 1794 au fort de l'offensive des troupes républicaines, et en 1944, à la fin de l'occupation allemande."

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Urzainqui_rio.jpg#mediaviewer/File:Urzainqui_rio.jpg